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Cours, petit graffeur, cours ! [Fox, Graphiros]


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Invité
Invité
Mar 18 Avr - 19:43
Une œuvre a besoin d'un contexte. L'atmosphère du lieu qui l'accueille est aussi important que la peinture en elle-même. Graphiros passait parfois plusieurs jours à faire des repérages, pour trouver le bon angle, la bonne alchimie. Il y avait aussi les caméras et les passants, qui réduisaient considérablement sa portée artistique. Quand c'était une commande, tout au contraire, il n'avait guère le choix. Le graffiti qu'il avait prévu aujourd'hui était un petit plaisir personnel, qui ne lui prendrais que peu de temps. Il sourit rien qu'a l'idée qui s'esquissait dans sa tête, hurlant pour sortir se placarder sur un mur. Graphiros réunit rapidement son nécessaire à dégradation publique et se mit en route.

La station était toujours en effervescence. Lea Pachyr avait parfois du mal à s’accommoder à cette lumière constante et à ce bruit de fond. Le silence de son repaire lui manquait déjà, mais il prit sur lui et se mêla à la foule anonyme. Quand il se trouvait parmi eux, il se demandait si vraiment tant de choses les séparaient. Toujours gardant la tête baissée ou bien recouverte sous sa capuche, ses pas étaient déterminés. S'éloignant de la Coupole et de ses couloirs bondés, il atteint son but. Un couloir en retrait, peu fréquenté à cause de la présence de légers travaux. Un échafaudage avait été abandonné par les travailleurs, leur journée de labeur était vite venue à sa fin. C'était l'endroit idéal. Sans aucune gêne, Graphiros récupéra une des bâches qui recouvrait l'échafaudage, laissant juste comme un souffle d'air s'échapper de la construction. Dommage qu'il ne pouvait pas récupérer ce genre de matériel de première qualité qui lui permettait de travailler en sécurité. Une fois installé, bâche recouvrant le sort autour du mur, Graphiros sortit des bombes aux couleurs criardes. Il pouvait commencer. Le moment aurait été encore plus agréable avec un peu musique, mais le graffeur trouvait cela trop inconscient, vu qu'il pouvait se faire surprendre à tout moment.

Du rose provoquant pour des courbes exagérés et dénudés. Du noir pour les contours de la silhouette peu vêtu. Du rouge pour des rires qui se perdent autour de son personnage de prédilection. Une petite phrase mesquine pour accompagner le tout. Cela faisait à peu près une heure qu'il graffait, le résultat lui semblait plus que correcte. Vitalic Melthrad avait bel allure, montrant un postérieur aussi énorme que ses ambitions. Graphiros espérait au moins que cela ferait sourire les ouvriers le lendemain. Encore faudrait il que son travail reste visible jusque là. L'ASS devenait de plus en plus rapide pour nettoyer ses petites dédicaces.

Alors qu'il rangeait son matériel, remettant la bâche à sa place, un bruit de pas se fit entendre, à l'entrée du couloir. S'il ne tardait pas trop, il pouvait encore partir sans se faire repérer, faisant croire qu'il venait d'un peu plus haut. Surtout que dans des coins pareils, il y avait de grande chance que cela soit une patrouille. Il eut à peine le temps d'arriver au croisement entre les couloirs, réussissant à repartir en direction de la Coupole, qu'il croisa le regard d'un.e ASS qui avançait vers lui. Son souffle s'accélèra légèrement, sa sève pulsait contre ses tempes. Graphiros avait expérimenté cette situation plus d'une centaine de fois, mais il ne s'y habituerait jamais. Il lui fallait disparaître. N'être personne, n'avoir pas d'émotions, pas d'idées. Être détendu, ne pas paraître pressé. Il allait frôler cette personne qui ne s'intéresserait pas à lui, et tout irait bien.

Un bruit sourd le fit s'arrêter net dans sa fuite déguisée. Graphiros mit du temps à comprendre ce qu'il se passait, il lui fallu bien une dizaine de seconde avant qu'il ne se retourne, tout son corps tendu par le stress. Ce laps de temps suffit pour que l'ASS qui était tout près ai ramassé la bombe de peinture qui venait de tomber du sac du graffeur. Cette bombe rose pétante qu'il avait presque vidé aujourd'hui. Il était foutu. Dans un élan de panique, il se saisit d'une autre de ces bombes et la jeta au visage de saon futur.e poursuivant.e. Graphiros se mit alors à courir, vers le couloir en travaux, priant pour arriver à semer sa fin par les couloirs les moins fréquentés. Comment avait-il pu être aussi inconscient ?
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Fox
Astriacorp _
Mer 19 Avr - 11:12
Fox passait vraiment une journée pourrie.

Elle lança cette pensée avec un reniflement de dédain, étouffé pour la présence du casque de l’A.S.S qui recouvrait son visage aussi sûrement que son identité. Le pas sûr mais légèrement trainant –bien que seuls ceux habitués à sa démarche rapide puissent le remarquer, la jeune femme traversait les couloirs déserts avec l’enthousiasme d’un chat domestique devant un bain. Autrement dit : inexistant. « Agent Fox, vous êtes trop impertinente pour votre propre bien. Peut-être qu’être chargée des patrouilles en zone 3C remettra votre fierté à votre place ? ». L’officier lui avait donc ordonné, d'un air faussement sévère, d’aller vadrouiller dans ce coin perdu de la station. Ce qui était clairement une punition. D’accord, elle l’avouait elle-même, elle l’avait bien mérité. Mais d’un autre côté, comment elle aurait pu deviner que l’agent Dorn s’était fait plaquer par sa femme la veille et qu’il allait se mettre à pleurer sous ses boutades ? Les gens étaient tellement susceptibles…

Elle se retrouvait donc là, dans sa lourde combinaison réglementaire, la main sur le pommeau de son épée laser, sagement rengainée à sa ceinture, à patrouiller  tout aussi docilement dans des couloirs où –de toute façon- il ne se passerait rien. Le soir était déjà bien tombé, mais la station était plus active que jamais. Fox aurait pu être en permission, à se détendre autour d’une partie de carte avec ses collègues, ou encore dans la salle d’entrainement pour se défouler un peu de toute cette énergie inutilisée. Contrairement à ce que la plupart des touristes pensaient, les agents de l’A.S.S n’étaient pas sans arrêt sollicités. Grâce à une discipline solide et un management efficace, leur fardeau était conséquemment allégé –au détriment d’une certaine distraction. Un officier pouvait donc sans soucis se permettre d’envoyer une recrue un peu trop exubérante dans les endroits les plus plats de la station... Et c’était vraisemblablement le sort qu’on avait attribué à Fox pour son manque de tact.

Ce fut donc avec une certaine surprise –et une curiosité exacerbée- que le regard de la jeune femme croisa celui furtif d’un Pachyr qui était apparu dans un couloir. Ou d’une Pachyr ? Fox n’avait jamais eu l’occasion de se pencher sur leur étrange culture et leur vision des genres. Elle pensa avec un sourire amer qu’elle aurait sans doute préféré manger un gros ouvrage relatif aux traditions allochtones de cette espèce plutôt que de se trouver ici. Tout parait incroyablement relatif face à l’ennui, n’est-ce pas ? La jeune femme pencha légèrement la tête en croisant l’allochtone aux caractéristiques sylvestres, mais n’eut pas le temps de faire un geste de bonsoir tant son pas semblait pressé. Elle s’apprêtait à balayer l’histoire d’un haussement d’épaule lorsqu’un bruit sourd la fit se retourner vers lui. Elle arrêta de sa botte une bouteille qui roulait vers elle et s’en saisit finalement pour la lui rendre. Ceci étant dit, ce n’était pas une bouteille. Une bombe de peinture… ? Fox releva les yeux vers le petit Pachyr, qui la regardait d’un air tétanisé.

Vous-

Elle ne put ajouter autre mot qu’une nouvelle bombe de peinture d’un rose particulièrement voyant l’atteignit, aspergeant son casque et sa combinaison renforcée de couleur. Surprise par la véhémence de l’attaque, l’agent reteint son geste réflexe qui consistait à dégainer son arme. Elle entendit les pas précipités de l’allochtone qui semblait le fausser compagnie et essuya tant bien que mal la visière de son casque, s’élançant par instinct derrière lui.

Mais attendez !

Trébuchant dans un échafaudage –qui diable laissait ces choses-là trainer ?!-, elle reprit son équilibre tant bien que mal, s’appuyant de la main contre un mur. Et merde… La jeune femme retira son casque avec irritation, désireuse de pouvoir retrouver la vue. Alors qu’elle se redressait, elle constata son gant recouvert de peinture rouge. Si ça continuait comme ça, elle allait repeindre tout son uniforme… Fox poussa un long soupir en appréhendant les remarques moqueuses de ses collègues et le savon qu’elle ne manquerait pas de se faire passer. Elle fut stoppée net dans ses pensées par la vision que lui offrait le mur sur lequel elle s’était soutenue. Bouche bée, l’agent recula d’un pas pour observer l’œuvre dans son ensemble. C’était… Melthrad ? Melthrad affublé de courbes foncièrement vulgaires et de couleurs criardes ? Elle cligna des yeux plusieurs fois, incrédule. Elle avait entendu parler de petits dégradeurs engagés mais n’avait jamais eu l’occasion –à son grand damne- d’admirer un de ces fameux graffitis. Sans qu’elle puisse même songer à se retenir, Fox éclata de rire. L’image était tellement peu vraisemblable ! Elle comprenait mieux pourquoi ses collègues prenaient grand soin de tout effacer : si Melthrad voyait ça, il serait sans aucun doute furieux. Elle songea un instant à allumer sa radio pour prévenir des nettoyages à faire, mais… Ce couloir ne faisait pas partie de sa route de patrouille.

Les côtes toujours douloureuses et le casque sous un bras, la jeune femme se remit en quête de l’allochtone. Si elle laissait passer le graffiti, elle devait tout de même retrouver son auteur. Il l’avait agressé et –pire !- recouverte de cette immonde couleur -qui allait mieux au grand patron. Il en allait de son honneur d’épingler ce petit dégradateur, ne serait-ce que pour lui flanquer une bonne frousse. La prochaine fois, il apprendra à mieux choisir la couleur qu’il balancerait au visage des agents de l’A.S.S. Sur cette pensée, Fox se remit en chasse, en espérant ne pas avoir à traverser la Coupole affublée de la peinture qui la recouvrait.  

Elle serait bonne pour les moqueries pour les trois prochains siècles à venir...


DOSSIER UTILISATEUR


« Les cyborgs peuvent-ils rêver de renards électriques ? »
Fox vous interpelle en indianred.

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